L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé aujourd’hui que l’Égypte avait réussi à éliminer le trachome en tant que problème de santé publique, marquant ainsi une étape historique pour la santé publique dans le pays et dans la Région OMS de la Méditerranée orientale. Il s’agit du septième pays de la Région à franchir cette étape. La validation de l’élimination du trachome en tant que problème de santé publique en Égypte porte à 27 le nombre de pays ayant atteint cet objectif dans le monde.
« Je félicite l’Égypte d’avoir franchi cette étape importante et d’avoir libéré son peuple du trachome », a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS. « Cela démontre l’efficacité d’un leadership national soutenu, d’une surveillance rigoureuse et d’un réel effort communautaire pour mettre fin à une maladie qui affecte l’humanité depuis l’Antiquité. »
Après ce succès égyptien, il reste encore 30 pays dans lesquels le trachome demeure un problème de santé publique et provoque la cécité ou des déficiences visuelles chez environ 1,9 million de personnes. La cécité due au trachome est difficilement réversible. Selon des données d’avril 2025, 103 millions de personnes vivent dans des zones où le trachome est endémique et risquent de devenir aveugles à cause de cette maladie.
Un siècle de lutte contre le trachome
Le trachome existe en Égypte depuis plus de 3000 ans. Les mesures de santé publique pour combattre cette maladie ont débuté au début du XXe siècle, lorsque l’ophtalmologiste pionnier Arthur Ferguson MacCallan a mis en place les premiers hôpitaux d’ophtalmologie mobiles et permanents en Égypte et jeté les bases d’une lutte organisée contre le trachome à l’échelle mondiale. Pourtant, dans les années 1980, cette maladie rendait encore aveugles de nombreux adultes et touchait plus de la moitié des enfants dans certaines communautés du delta du Nil.
Depuis 2002, le Ministère égyptien de la santé et de la population, en partenariat avec l’OMS et d’autres parties prenantes nationales et internationales, s’efforce d’éliminer le trachome en appliquant la stratégie CHANCE (CHirurgie, Antibiothérapie, Nettoyage du visage et Changement de l’Environnement) approuvée par l’OMS.
Entre 2015 et 2025, une cartographie et une surveillance approfondies dans les 27 gouvernorats égyptiens ont montré une réduction constante de la proportion d’enfants âgés de 1 à 9 ans atteints de trachome évolutif (inflammatoire) et peu de complications graves (cécitantes) du trachome chez les adultes. Dans tout le pays, la valeur de ces deux indicateurs est désormais inférieure aux seuils de prévalence fixés par l’OMS, signifiant que la maladie est éliminée. En 2024, l’Égypte a intégré la surveillance du trachome dans son système national de déclaration électronique des maladies, ce qui devrait faciliter une réponse rapide en cas de futurs signalements.
« L’élimination du trachome en tant que problème de santé publique en Égypte souligne l’engagement soutenu du pays en faveur de services de santé équitables et l’effet transformateur d’initiatives telles que Haya Karima, qui ont élargi l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et aux services de soins de santé primaires dans les communautés rurales », a déclaré le professeur Khaled Abdel Ghaffar, vice-Premier ministre et Ministre de la santé et de la population. « Cette réussite est un triomphe collectif pour les agents de santé, les communautés et les partenaires en Égypte qui ont collaboré pour éradiquer cette maladie ancestrale. »
Le trachome est la deuxième maladie tropicale négligée (MTN) éliminée en Égypte, après la filariose lymphatique dont l’élimination en tant que problème de santé publique a été validée par l’OMS en 2018. Au total, 58 pays ont éliminé au moins une MTN à l’échelle mondiale, dont neuf dans la Région OMS de la Méditerranée orientale.
« Cette étape importante s’ajoute aux résultats déjà obtenus par l’Égypte dans l’élimination des maladies transmissibles, notamment la poliomyélite, la rougeole, la rubéole et, plus récemment, le paludisme. Elle démontre ce qu’il est possible d’accomplir lorsque l’engagement politique, des partenariats solides et des années d’efforts soutenus en matière de santé publique, sous la direction du Ministère de la santé et de la population, convergent vers une vision commune », a déclaré le Dr Nima Abid, représentant de l’OMS en Égypte. « La réussite de l’Égypte est un exemple inspirant pour d’autres pays de la Région et au-delà. »
Une collaboration et des partenariats fructueux
L’élimination du trachome en Égypte est le résultat d’un leadership national fort, d’une action coordonnée et d’une large collaboration entre différents secteurs. L’OMS a travaillé en étroite collaboration avec le Ministère de la santé et de la population pour fournir des conseils techniques, un suivi et un soutien à la validation tout au long du processus d’élimination. Cette réussite a été rendue possible grâce aux contributions techniques et financières de nombreux partenaires, notamment la Fondation Haya Karima, l’Alliance contre le trachome de la Région de la Méditerranée orientale, la Fondation caritative Nourseen, l’Initiative internationale contre le trachome, le Projet mondial de cartographie du trachome, Sightsavers, CBM, le Centre Kilimanjaro pour l’ophtalmologie communautaire, la Fondation Magrabi et l’initiative mondiale Tropical Data.
« Félicitations à l’Égypte pour cette réussite historique dans l’élimination du trachome en tant que problème de santé publique », a déclaré la Dre Hanan Balkhy, Directrice régionale de l’OMS pour la Méditerranée orientale. « Ensemble, nous avons prouvé qu’il est possible d’éliminer cette maladie grâce à la collaboration et à la persévérance. Ce succès est le fruit d’années de dévouement et des efforts inlassables des communautés, des agents de santé et des partenaires qui sont restés fermement convaincus que tout le monde mérite de vivre préservé des maladies évitables. Aujourd’hui, l’Égypte illustre ce que la détermination peut accomplir.
Note aux rédactions
À propos du trachome et des maladies tropicales négligées
Le trachome, causé par la bactérie Chlamydia trachomatis, se transmet par contact avec des sécrétions oculaires infectées présentes sur les mains, les vêtements, les surfaces dures et les mouches. Des infections répétées peuvent entraîner une cicatrisation de la paupière interne ; les cils se retournent vers l’intérieur et griffent la cornée, il s’ensuit une affection douloureuse, connue sous le nom de trichiasis trachomateux, qui peut entraîner la cécité.
À l’échelle mondiale, la maladie reste endémique dans de nombreuses communautés vulnérables où l’accès à l’eau potable et à l’assainissement est limité. L’Alliance de l’OMS pour l’élimination mondiale du trachome d’ici à 2020 (GET2020) a été lancée en 1998, avec le soutien d’un réseau de gouvernements, d’organisations non gouvernementales et d’établissements d’enseignement. L’OMS continue de soutenir les pays d’endémie afin d’accélérer les progrès vers l’objectif d’élimination du trachome en tant que problème de santé publique à l’échelle mondiale.